Interprétation de conférence

L’interprétation permet à des personnes ne parlant pas la même langue de communiquer, dans le contexte d’une rencontre informelle, d’une conférence, d’un tribunal, d’une démarche administrative, etc.

À la différence des traducteurs qui travaillent sur l’écrit, les interprètes doivent restituer aussi rapidement que possible des messages fugitifs, avec peu de temps pour la réflexion et la recherche de style.

 

Modes d’interprétation

Dans l’interprétation consécutive, l’interprète reproduit l’intégralité du discours une fois l’intervention terminée, en se servant éventuellement de notes simples, souvent des signes (type pictogramme) si possible détachés d’un système linguistique. En raison des contraintes de temps, il est rare que cette technique soit utilisée lorsqu’il y a plus de deux langues actives.

Dans l’interprétation simultanée, l’interprète, installé dans une cabine insonorisée équipée d’une console spéciale, entend à travers des écouteurs le discours tout en traduisant oralement au fur et à mesure dans un microphone.

  • Le chuchotage est une variante de l’interprétation simultanée sans dispositif technique. L’interprète suit les interventions en salle et traduit en chuchotant à l’oreille de son ou sa délégué(e).
  • Certaines combinaisons linguistiques présentent des difficultés particulières. Par exemple, l’information essentielle pour commencer une phrase en français ne vient souvent qu’à la fin d’une phrase en allemand (verbe, négation etc.), ce qui fait qu’il faut parler avec une phrase entière de décalage par rapport à l’original, ce qui n’est pas obligatoirement le cas entre deux langues romanes.
  • L’interprétation « de liaison » se caractérise par son cadre informel (réunions de travail, visites…). L’interprète travaille la plupart du temps sans prendre de notes, en mémorisant de courts passages et en les restituant dans la langue d’arrivée.

Compétences de l’interprète

L’interprète assure une restitution aussi fidèle que possible des interventions dans les différentes langues. Il doit faire preuve de souplesse, de culture, de capacité d’analyse et d’une parfaite maîtrise des langues concernées.

Comme le traducteur, l’interprète doit comprendre les deux langues dans lesquelles il travaille et les significations secondaires de leurs énoncés. Il ne peut pas limiter le texte (oral ou écrit) à son sens littéral, mais doit conserver fidèlement les sens cachés du discours original, sans introduire d’associations importunes qui le parasiteraient dans la langue de traduction.

Dans tout discours, une partie du message n’est pas énoncé mais demeure implicite. L’interprète doit donner un équivalent en s’appuyant sur une solide culture générale et en insérant çà et là les pièces spécifiques du sujet abordé. Plus importante encore est la capacité à saisir l’intention de l’orateur au-delà des simples mots. Dans un environnement multilingue, cela exige une connaissance intime non seulement des langues, mais des cultures représentées ainsi que de leurs différences. Dans une réunion multilingue, les interprètes œuvrent ainsi pour qu’elle se déroule comme si chacun parlait la même langue.

Même dans des conditions normales, cette tâche est relativement ardue. Si l’on y ajoute les difficultés de la matière traitée, les textes lus à la plus grande vitesse possible, les discours d’orateurs étrangers à la syntaxe approximative, les incidents liés au dispositif technique comme les bruits et chocs autour du microphone de l’orateur ou les accidents de contrôle du système, qui perturbent l’intelligibilité de ce qu’il entend, elle devient un exercice extrêmement éprouvant.

Du fait de l’intense niveau de concentration requis, les interprètes travaillent à deux et se relaient toutes les 20-30 minutes. Une bonne équipe se partagera le travail, l’interprète en pause préparant par exemple les documents traités en séance pour son collègue.

En règle générale, les interprètes traduisent à partir d’au moins trois langues vers leur langue maternelle. Dans certains cas, ils assurent aussi une interprétation à partir de leur propre langue vers une autre langue.

Contextes et langues de travail

Lors d’une réunion, les participants peuvent s’exprimer dans l’une des langues passives, à partir desquelles l’interprétation est assurée. Ils peuvent suivre les débats à travers un système de diffusion sur écouteurs sur un ou plusieurs canaux correspondant auxlangues actives, vers lesquelles l’interprétation est prévue. Lorsque le nombre de langues passives est différent de celui des langues actives on parle de couverture linguistique asymétrique.

Les réunions ont lieu presque toujours dans des salles équipées de cabines d’interprétation simultanée. Les interprètes y travaillent par équipes de deux minimum par langue active, trois dans une réunion comptant au moins six langues passives. Dans certains cas, ils assurent une interprétation bi-active, vers leur propre langue et « retour » vers une autre langue.

Lorsque l’interprétation n’est pas possible en direct, on a recours au relais, c’est-à-dire à l’interprétation par l’intermédiaire d’une troisième langue : la langue source (par exemple le japonais) est d’abord interprétée vers une langue cible (par exemple l’anglais)

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